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Trajectoires invisibles : 

Documenter les réseaux spatiaux, de soutien et de logement des migrants sans-abris de Montréal

Télécharger le rapport complet ici.

 

Ce projet de recherche examine une dimension croissante mais encore insuffisamment comprise de la crise du logement au Canada : l’itinérance des migrants à Montréal. Menée par Liquid Space Lab avec le soutien du Fonds de recherche et de planification de la Stratégie nationale sur le logement de la SCHL, l’étude combine revue de littérature, analyse statistique et travail de terrain qualitatif, incluant des entretiens avec des prestataires de services et des migrants en situation d’itinérance. Elle adopte une définition élargie de l’itinérance, englobant à la fois ses formes visibles et cachées, telles que l’hébergement temporaire, la sur-occupation et les arrangements informels précaires. Le projet vise à mieux comprendre la manière dont les migrants naviguent dans les systèmes de logement et dans l’espace urbain, ainsi que la capacité des cadres institutionnels à répondre à leurs besoins.

Les résultats montrent que l’itinérance des migrants s’explique moins par des crises individuelles isolées que par des désalignements systémiques et institutionnels. Les obstacles liés au statut migratoire, aux délais administratifs, à l’accès limité à l’emploi et à l’exclusion du marché locatif privé interagissent pour produire des situations prolongées d’instabilité résidentielle. De nombreux migrants arrivent sans ancrage résidentiel et suivent ensuite des trajectoires marquées par une mobilité entre des formes d’hébergement temporaires, informelles et souvent précaires. Ces dynamiques remettent en question les modèles classiques de l’itinérance, généralement fondés sur des logiques de rupture et de visibilité.

Une contribution clé de cette étude est de montrer que les systèmes d’itinérance et d’accueil des immigrants, bien qu’adaptatifs, demeurent fragmentés et partiellement alignés avec les réalités des migrants. Les organismes ont ajusté leurs pratiques, les refuges accueillent davantage de migrants et les organismes d’établissement intègrent progressivement le soutien au logement, mais ces réponses restent largement réactives. La recherche met en évidence l’importance d’interventions plus précoces, d’une meilleure coordination des services et d’un meilleur arrimage entre les processus migratoires, les marchés du logement et les services sociaux. Elle souligne également la nécessité de mieux documenter l’itinérance cachée, encore sous-représentée dans les systèmes de données actuels.

Le rapport propose un ensemble d’enseignements et de recommandations à portée opérationnelle pour orienter les politiques et programmes en matière de logement et d’accueil aux niveaux municipal, provincial et fédéral. Parmi celles-ci figurent le renforcement des mécanismes d’accueil et d’orientation, le développement de solutions de logement transitoire, l’amélioration des outils d’accompagnement multilingues et la réduction des barrières structurelles dans le marché locatif privé. Plus largement, l’étude positionne l’itinérance des migrants comme un indicateur de tensions systémiques dans les systèmes de logement et d’accueil. Y répondre efficacement constitue à la fois une nécessité sociale et une opportunité de renforcer des politiques du logement plus inclusives, résilientes et mieux coordonnées au Canada.

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Questions de recherche

Quels sont les facteurs qui conduisent les migrants à l'itinérance, et quelles sont leurs trajectoires spatiales ?

Quelles ressources (formelles et informelles) les migrants sans-abris mobilisent-ils, et quelle est l’efficacité de ces ressources pour répondre à leurs besoins en matière de logement et autres nécessités ?

Comment les systèmes existants de soutien au logement (gouvernementaux, communautaires et réseaux informels) facilitent-ils ou entravent-ils l'accès des migrants à un logement stable ?

Les activités visant à répondre à ces questions comprennent :

• Cartographier les déplacements spatiaux des migrants sans-abri afin de comprendre comment ils naviguent à travers les espaces urbains et les hébergements temporaires.

• Documenter les réseaux de soutien sur lesquels ils s'appuient, incluant l’aide gouvernementale formelle, les organisations non gouvernementales et les ressources informelles issues des communautés locales.

• Réaliser des entretiens avec les parties prenantes clés, notamment les migrants sans-abris, les prestataires de services sociaux et les représentants gouvernementaux, afin de recueillir des données sur les défis rencontrés et les éventuelles lacunes des politiques publiques.

• Employer la méthode « photo-élicitation » pour permettre aux répondants de cartographier leurs trajectoires passées et actuelles, tout en réfléchissant aux émotions et aux expériences associées aux lieux spécifiques qu'ils ont habités ou fréquentés.

Bailleur de fonds

CMHC-SCHL
Société canadienne d'hypothèques et de logement

La présente étude/recherche a été menée par Liquid Space Lab et a reçu du financement de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) dans le cadre du Fonds de recherche et de planification de la Stratégie nationale sur le logement (SNL). Les opinions, analyses, interprétations et recommandations présentées dans cette étude sont celles du ou des auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de la SCHL. La contribution financière de la SCHL à la publication de ce rapport ne constitue nullement une approbation de son contenu.

Organisations partenaires
du projet

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